« Chaque année à cette période, mes genoux me rappellent le chemin parcouru », a confié Vincenzo Nibali lors d’un entretien récent. Pour la première fois, l’ancien champion a parlé ouvertement de sa santé et des conséquences physiques d’une longue carrière.
Figure majeure du cyclisme italien, Nibali a marqué l’histoire par ses victoires sur les plus grandes courses. Pourtant, derrière les succès et les célébrations, il explique que son corps conserve la mémoire des efforts accumulés.
Le vainqueur du Tour de France a décrit des douleurs récurrentes aux articulations, particulièrement lorsque les saisons changent. Selon lui, ces signaux ne sont pas alarmants, mais ils rappellent l’intensité des années passées au plus haut niveau.
Il insiste sur le fait que le cyclisme demeure essentiel à son équilibre. Monter sur un vélo représente bien plus qu’un sport pour lui, c’est une manière de respirer, de réfléchir et de conserver un lien profond avec son identité.
Cependant, il reconnaît que cette passion exigeante peut aussi avoir un coût. Les entraînements quotidiens, les compétitions successives et les déplacements constants ont progressivement sollicité ses articulations, parfois au-delà des limites idéales.
Nibali souligne que de nombreux jeunes coureurs aspirent aujourd’hui à des carrières longues et intenses. Il les encourage à écouter leur corps, à ne pas ignorer les premiers signes de fatigue chronique ou de douleur persistante.

Selon lui, si des cyclistes s’engagent dans une compétition de haut niveau pendant plus de cinq ans sans périodes de récupération adaptées, certains troubles articulaires peuvent apparaître progressivement et influencer leur qualité de vie.
Il évoque notamment l’impact indirect sur la vie personnelle. Les douleurs constantes, la fatigue accumulée et les exigences du calendrier peuvent peser sur les relations familiales et conjugales, surtout lorsque le dialogue manque.
Pour Nibali, la clé réside dans l’équilibre. Il affirme que la performance ne doit pas occulter la santé à long terme ni la stabilité émotionnelle. Une carrière réussie ne se mesure pas uniquement en trophées.
Dans son témoignage, il précise qu’il ne souhaite pas dramatiser. Il parle d’expérience, avec sérénité, conscient que chaque athlète possède un parcours et une résistance différents face aux contraintes physiques.
L’ancien champion du Giro d’Italia rappelle que les progrès médicaux et scientifiques offrent aujourd’hui un meilleur accompagnement. Les équipes disposent de spécialistes capables d’anticiper et de prévenir certaines pathologies liées à l’effort répété.
Il insiste néanmoins sur la responsabilité individuelle. Apprendre à ralentir, à accepter une pause ou à adapter son entraînement peut prolonger une carrière et préserver la santé sur le long terme.
Le public a accueilli ses confidences avec attention. Beaucoup ont salué la franchise d’un athlète souvent perçu comme discret sur sa vie personnelle et ses éventuelles fragilités physiques.
Dans le peloton actuel, plusieurs coureurs ont reconnu se retrouver dans ses paroles. Les discussions autour de la récupération, de la préparation mentale et de la prévention des blessures occupent désormais une place centrale.
Parmi les réactions, celle de Julian Alaphilippe a particulièrement retenu l’attention. Le champion français a rompu le silence avec un message simple et empathique adressé à son aîné.

En onze mots soigneusement choisis, Alaphilippe a exprimé son respect et son soutien, rappelant que l’expérience des anciens constitue une richesse précieuse pour les générations suivantes.
Selon des proches, ce commentaire a fait sourire Nibali. Il y a vu la preuve que le cyclisme, au-delà de la compétition, reste une communauté où la solidarité peut s’exprimer avec sincérité.
Nibali a expliqué que ses propos n’étaient pas destinés à inquiéter, mais à sensibiliser. Il souhaite encourager une approche plus réfléchie de l’entraînement intensif chez les jeunes talents.
Il observe que les calendriers modernes sont particulièrement denses. Les compétitions s’enchaînent rapidement, laissant parfois peu de temps pour une récupération complète entre deux objectifs majeurs.
L’ancien vainqueur du Vuelta a España souligne que la longévité d’un sportif dépend souvent de sa capacité à gérer ces périodes de transition avec prudence et lucidité.
Il rappelle aussi l’importance du soutien familial. Pendant sa carrière, la compréhension de ses proches a joué un rôle essentiel pour traverser les moments de doute et de fatigue.

Aujourd’hui, même après avoir quitté le plus haut niveau de compétition, il continue à ressentir les effets des efforts passés. Cela ne l’empêche pas de pédaler régulièrement, mais avec une approche plus mesurée.
Il explique que la maturité apporte une nouvelle perspective. Là où il cherchait autrefois à repousser constamment ses limites, il privilégie désormais l’écoute de son corps et la prévention des douleurs chroniques.
Son témoignage a ouvert un débat constructif dans le monde du cyclisme. Les entraîneurs, médecins et dirigeants réfléchissent à des stratégies visant à protéger davantage les athlètes dès leurs premières années professionnelles.
Nibali affirme que la performance durable repose sur une planification intelligente. Alterner intensité et repos, diversifier les exercices et intégrer un suivi médical rigoureux sont devenus indispensables.
Il souligne également l’importance de la santé mentale. Le stress compétitif peut amplifier la perception de la douleur physique et compliquer la gestion des blessures si l’athlète se sent isolé.
Les paroles d’Alaphilippe ont résonné comme un pont entre générations. Elles montrent que le respect mutuel demeure une valeur forte dans un sport souvent exigeant et stratégique.
Nibali a conclu en affirmant qu’il ne regrette rien. Les douleurs occasionnelles sont, selon lui, le reflet d’un engagement total envers une passion qui a façonné sa vie.

Il souhaite simplement que les jeunes coureurs puissent bénéficier d’une meilleure prévention et d’un accompagnement attentif, afin d’éviter certaines complications sur le long terme.
Pour beaucoup, cette prise de parole représente un acte de responsabilité. Elle rappelle que les légendes sportives ont aussi un rôle pédagogique auprès des nouvelles générations.
En partageant son expérience, Vincenzo Nibali offre une perspective précieuse sur la réalité physique du cyclisme professionnel, sans renier l’amour profond qu’il porte à ce sport.
Son message principal reste optimiste. Il croit en la capacité des équipes modernes à adapter leurs méthodes et à favoriser une carrière équilibrée, respectueuse de la santé et de la vie personnelle.
Dans le regard bienveillant de Julian Alaphilippe et dans l’écoute attentive du public, Nibali a trouvé une confirmation : parler ouvertement de santé n’affaiblit pas un champion, cela renforce son héritage.
Ainsi, à travers des mots simples et mesurés, l’ancienne figure du peloton rappelle que la grandeur d’un sportif réside autant dans ses victoires que dans sa capacité à transmettre une expérience sincère.